Les D̩mons Sont Eternels РSimon R. Green

Les démons sont éternels

Auteur : Simon R. Green
L’Atalante
458 pages
22 euros

ISBN : 978-2-84172-467-3

Edwin Drood n’est pas n’importe qui : c’est un agent de terrain et membre de l’ancestrale famille Drood qui, forte de ses armures d’or  (invulnérables ou presque), défend la Terre de ses ennemis, et ils sont nombreux. Aliens, magiciens maléfiques, organisations occultes dont le but est la domination mondiale, forces des ténèbres, entités extramensionnelles démentes et scrofuleuses, la liste est longue. Dans l’Homme au Torque d’Or, on pouvait suivre Edwin dans sa lutte contre les siens après avoir découvert l’ignoble secret de la puissance des Droods. Devenu le nouveau chef de clan, il tente de redorer le blason familial qu’il a lui-même terni en la privant de ses torques, sources de leur pouvoir. La situation se complique quand les Abominations, des parasites psychiques au service des innommables Dieux Affamés entreprennent de faire venir leurs maîtres sur Terre, risquant de provoquer une apocalypse aux relents lovecraftien. Accompagnée de Molly Meltcalf, sa fiancée et accessoirement sorcière chevronnée, ainsi que d’une bande de personnages hétéroclites en diable (dont Jack l’Éventreur en personne) il aura fort à faire pour sauver le monde une fois de plus. Mais après tout, c’est le boulot des Droods, non ?

Il y a indubitablement un style « Simon R. Green ». Les protagonistes sont outranciers jusqu’au stéréotype, les scènes aussi crédibles qu’un épisode de « Plus Belle La Vie » (désolé, mais personne n’a l’accent du Sud dans cette série, c’est carrément n’importe quoi), scénario plus ou moins bien ficelé… Mais pourtant on se surprend à voir la mayonnaise prendre et on oublie les défauts du livre, arrivant même à les accepter comme des qualités. Le second degré est effectivement de mise et la volonté parodique à tendance bondienne est plus qu’évidente. Edwin Drood (qui adopte parfois le pseudonyme de Bond.. Shaman Bond) est plus détendu et désinvolte qu’un Sean Connery de la Grande Époque, il est accompagné d’une authentique James Bond Girl sorcière et dispose d’une foule de gadgets magico-scientifico-nimportequoitesque conçus par une sorte de clone de Q en 1000 fois plus frapadingue. Dans la série « Nightside » on avait pu voir Simon R. Green toucher à la fantasy urbaine avec force détails et inventions et la recette fonctionne ici encore. Ainsi chaque page fourmille littéralement d’idées baroques et barriolées qui entretiennent une ambiance savamment décalée (mention spéciale pour le démon qui affirme « ta mère cite des bus en Enfer »). Les scènes d’action sont un élément clef du bouquin : sur le fonds (avec un S dans ce cas, on ne cause pas du fond du sac mais de son essence, faut pas essayer de m’avoir sur les orthographes à la con) on suit un film de James Bond, avec tout ce que ce « genre » impose. Et là, clairement, tout s’enchaine avec une précision métronomique bien que la cohérence narrative y perde beaucoup. Mais qu’importe, Simon R. Green se laisse porter par son délire et rien ne l’arrête, il se permet même un invraissemblable cross-over en faisant intervenir Gilles Traquemort, personnage SF de plusieurs de ses livres. Mais comme je vous le disais, cela passe sans grand souci et on finit par être séduit, un peu malgré soi, par cette agréable « série B » dont le caractère dépaysant en ravira plus d’un.

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Publié dans Fantasy, Romans, Science-Fiction | Permalien |

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