Le D̩chronologue РSt̩phane Beauverger

Le déchronologue

Auteur : Stéphane Beauverger
La Volte
400 pages
18 €
23×17 cm
ISBN : 9782917157053

L’histoire débute en 1653. Henri Villon, Le capitaine du Déchronologue va mourir avec tout son équipage. C’est le début de son journal qui nous invite à comprendre comment il en est arrivé là.
On retourne en 1640 ou l’on retrouve Villon, alors capitaine du Chronos, qui tente de défendre avec d’autres flibustiers les fragiles colonies françaises dans les Caraïbes. Les espagnols tiennent tout et ils écrasent aussi bien les européens que les populations indigènes.

Alors qu’il chasse un galion espagnol , Villon va rencontrer un sacré imprévu et sans qu’il le sache,  son destin va être scellé.

C’est un livre, surprenant, ambitieux et très vivant que nous offre Stéphane Beauverger. Surprenant et ambitieux par sa construction ou plutôt sa déconstruction. Car on passe de 1653 en 1640 puis on saute six ans  avant de revenir en 1640. L’auteur à savamment mélangé les chapitres et ça se justifie parfaitement par le fait que les personnages essuient  ou provoquent des tempêtes temporelles. On lit un roman en quatre dimensions ! Mais ce n’est pas tout, ce savant mélange permet à Beauverger de nous livrer les informations au compte goutte et ce n’est qu’a la fin que le puzzle prend toute sa vérité ; on est époustouflés. Le sujet du roman n’est pas moins surprenant, parce que faire intervenir de la SF dans une histoire de flibustiers, c’est n’est pas banal !

L’écriture est belle, parfaitement maitrisée , elle rend parfaitement le ton et l’ambiance de l’âge d’or de la flibuste. Ça sent la poudre à canon et le fumet rance des cales de navires. J’ai bien aimé les gargotes de pirates pleines de vie, de stupre et de danger. Le capitaine Villon, toujours une bouteille de tafia à la main est un homme au passé douloureux. C’est un fort en gueule, vif d’esprit et fidèle en amitié. Un magnifique personnage que Beauverger n’hésite pas à malmener. Les seconds rôles ne sont pas mal non plus avec une mention particulière au grand Féfé de Dieppe et son  truculent galimatias.

Le coté SF de l’histoire est introduit en douceur sans des tartines d’explications et les fameuses maravillas (objets merveilleux) qui font rêver Villon, nous font parfois sourire. Les histoires de voyages dans le temps sont périlleuses pour les personnages mais aussi pour les auteurs. J’avoue que Beauverger s’en tire avec maestria.

Le Déchronologue a reçu le prix de l’imaginaire 2010 et les prix Européen Utopiales 2009. Il est aussi en tête de tout un tas de classements et c’est vraiment mérité car divertir avec de la qualité, c’est n’est pas évident. Décidément, avec Jaworski, Damasio et Koessler on a une génération d’auteurs français de toute première qualité.

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Publié dans Historique - Aventure, Romans, Science-Fiction | Permalien |

À propos de Philippe Goaz

Chroniqueur et auteur SFFF

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