Le Chien Qui Miaulait – Philippe Ebly

Le Chien Qui Miaulait

Auteur: Philippe Ebly
Temps Impossibles (les Conquérants de l’Impossible, tome 21)
153 pages, 9.50 euros
ISBN: 978-2-9528567-2-0

Serge, Thibault et Xolotl sont de retour. Parce que Bernard, l’un de leurs amis, est devenu tétraplégique à la suite d’un accident de moto, ils acceptent l’expérience incroyable que leur propose le Docteur Sark. Il ne s’agit ni plus ni moins que de greffer l’âme de Bernard sur l’un d’entre eux. Mais, la procédure est expérimentale et les conséquences difficiles à cerner. C’est en tout cas ce que les trois compagnons vont découvrir.

Que celui qui n’a jamais lu un tome des « Conquérants de l’Impossible » dans la Bibliothèque Verte me jette la première pierre car un gros parfum de nostalgie se dégage de ce petit livre. À presque 90 ans, Philippe Ebly poursuit en effet la série qui a fait les beaux jours de la littérature jeunesse des années 70 et 80. En commençant le livre, un affreux doute m’étreint : à l’heure où l’un des héros de mon enfance (un certain acteur transalpin qui « marchait avec la classe ») se livre à une obscure pantalonnade téléréalitéesque sud-africaine qui fait regretter l’Ile de la Tentation, vais-je subir une autre cruelle déception ? Une autre des icônes de mon passé va-t-elle choir de son piédestal ? Pourquoi personne ne remarque jamais que le Prince Adam et Musclor se ressemblent comme deux gouttes d’eau ? Vais-je enfin arrêter de poser des questions à la con afin de rallonger ma critique, juste parce que je trouve que ça m’amuse ?
Bon… Rentrons dans le vif du sujet comme le disait Séranophis III (un obscure pharaon égyptien psychopathe qui avait coutume d’éventrer ses sujets dans de sanglants rituels que même HP Lovecraft aurait hésité à décrire). Retrouver Serge, Thibault et Xolotl est un réel plaisir. Comme souvent, c’est Serge le narrateur (ce n’était toutefois pas systématique dans la série, parfois la narration passait à la 3ème personne). Le style est simple, parfois simpliste, ce qui est déroutant. Mais somme toute, le public est supposé être composé de jeunes lecteurs adolescents, pas de trentenaires nostalgiques. L’intrigue est sympa sans être transcendante et est un prétexte pour l’auteur à exposer différentes idées, sur le bouddhisme et la nature de l’âme en particulier. Mais là encore, le but « pédagogique » d’Ebly est très présent, et la cible adolescente du livre ne doit pas être perdue de vue.
J’ai coutume de penser que tout lecteur, en vieillissant, se transforme en « vieux con blasé ». On cherche toujours plus, on veut retrouver des thématiques nouvelles et innovantes et ne pas relire les histoires qu’on a déjà lu et relu. Ce petit moment de nostalgie est un vrai moyen de se ressourcer, pas forcément le meilleur « conquérant de l’impossible » mais un petit intermède sympa et rafraichissant entre des lectures plus classiques. Voici donc un chouette moment de dépaysement à réserver toutefois aux anciens fans inconditionnels de Philippe Ebly (et Dieu sait qu’ils sont nombreux).

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Publié dans Jeunesse, Romans, Science-Fiction | Permalien |

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