Requiem pour âmes d’ombre – JM Archaimbault

 

Requiem pour âmes d’ombre
requiem-archaimbault

Éditeur : Rivière Blanche
Pages : 236
Prix : 17 €

ISBN : 978-1-61227-066-1

 Accroche : « La Fée Noire… Un vrai cancer mental !
Des ondes négatives et destructrices émanaient de ce monstre. Des vagues de terreur pure, glaciale, paralysante.
L’homme en était arrivé à un point que je ne connaîtrais jamais. Il ne savait plus sortir de l’impasse dans laquelle, en jouant, je l’avais conduit à s’enfermer. Il avait essayé de fuir en composant des images transfigurées, abstraites, pour tenter d’y voir plus clair en lui-même. Mais il n’en avait que replongé, et plus profond encore. »

Mon avis : J’ai déjà, par le passé, chroniqué un ouvrage de JM Archaimbault sur ce forum, « Katorga », qui présentait la particularité d’être écrit sur la base d’un ouvrage de Henri Bessière. « Requiem pour âmes d’ombre », déjà un peu ancien (2011), attendait sagement son tour sur mes étagères, et sa patience a payé puisqu’une fois entre mes mains, j’ai eu du mal à m’en défaire. Point de reprise ici, mais une série de textes plus ou moins longs, versant franchement dans le fantastique, à l’exception de « La faute aux fusées… » relevant de la SF.
Alors, le fantastique étant connu pour être plus intimiste que la SF, comment l’aborde un auteur que l’on peut imaginer plutôt rationnel, ingénieur en propulsion dans la vraie vie, spécialiste reconnu de Perry Rhodan et grand amateur de la défunte collection Anticipation ?
Selon sa regrettée préfacière, Jean-Michel partirait de la réalité pour s’enfoncer dans des univers troubles, voire noirs, à forte dimension sensuelle. Pour ma part j’y vois plutôt – mais je me trompe sûrement – un terrain où s’expriment fantasmes, inquiétudes, souvenirs. L’un des points forts de ce livre tient en ce que le lecteur s’interroge en permanence sur le niveau de confession auquel se livre l’auteur. S’il est vrai que, malgré tout l’art qu’il puisse déployer, un créateur finit par se livrer à travers son œuvre, on peut ici parler de textes intimistes. La nouvelle « Les angles interdits » est selon moi la plus révélatrice de cette disposition et l’on ne peut s’empêcher de relier ce texte à l’une des dédicaces de l’ouvrage.
Jean-Michel nous entraine donc dans ses marécages, ce qui est un exploit pour des histoires qui se situent la plupart du temps dans le Bordelais, contrée qui n’est pas réputée pour ses brumes et ses fantômes. Je relève étrangement qu’aucun récit n’a pour cadre une vigne…
Les influences sont classiques. L’ombre de Lovecraft plane sur « La fraternité de Molua » et celle du Kurt Steiner du « Bruit du silence » dans ce superbe récit qu’est « Branwyn », envoûtant, évocateur à souhait d’une Irlande légendaire.
Certains textes de ce recueil ont un fort potentiel, qui permettraient une exploitation plus fouillée et je pense en particulier aux deux nouvelles qui ouvrent et ferment ce livre. Je m’imagine qu’être dans la « peau » d’un esprit omnipotent, capable de manipuler selon sa fantaisie tel ou tel être humain ouvre un champ infini de possibilités.
« Requiem pour âmes d’ombre » se clôt avec le discours de réception de l’auteur dans un cercle savant de Bordeaux. J’y apprends ainsi que nous avons fait nos classes dans le même régiment, que nous avons appris à lire grâce à la collection Anticipation, etc… Le monde est bien petit !
Un ouvrage donc plus que recommandable !

Didier Reboussin

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Publié dans Chroniques, Fantastique, Polar - Thriller, Recueils | Permalien |

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