Nocturne n°1 Encre et Ténèbres

Nocturne, les charmes de l’effroi

n°1, mars 2011
« Encre et ténèbres »
74 p.
6 euros

Nocturne revient ! Désormais dirigé par Sébastien Mazas, le fanzine renaît et redémarre au  numéro 1, sur le thème joliment inspiré d’« encre et ténèbres. » Et ça démarre très fort avec une couverture renversante signée Céline Simoni. Superbe, elle nous met dans les meilleures dispositions pour attaquer la lecture des six nouvelles et de l’article qui constituent ce numéro.

« Curiosité malsaine » de Syven

La « curiosité malsaine » est celle d’un petit bourgeois pour sa nouvelle voisine, une dame particulièrement sinistre. Directement issue de l’univers du roman Au sortir de l’ombre, cette nouvelle, portée par un style visuel et maîtrisé, fait penser à un court-métrage : teasing efficace ou somptueuse bande-annonce si vous ne connaissez pas encore le roman ; bonus-track savoureux si vous l’avez déjà terminé. L’ambiance victorienne, sombre et glacée, est une réussite. L’écriture nous emporte au cœur du drame. Un très beau – très noir – moment de lecture.

« Encrée » d’Hélène Boudinot et « Ça vous court sous la peau » de Samia Dalha

Nocturne nous invite ensuite à découvrir deux nouvelles sur le thème du tatouage. Bien que maîtrisés sur le plan du style, ces deux récits sont d’une facture plus classique et la chute ne surprend guère. Dommage, la seconde, en particulier démarrait sur les chapeaux de roue avec une ouverture éclatante.

« L’homme au roman », d’Alice Ray

Avec la quatrième nouvelle, on replonge dans l’horreur. L’ambiance de ce texte est à la fois dérangeante et envoûtante. Au carrefour d’Alan Wake et de Misery, on frise la nouvelle de slasher avec ces deux jeunes femmes prisonnières d’un psychopathe. L’auteur aurait pu faire dans le « sonore et le dégueulasse » ; très habilement, elle reste dans la suggestion et c’est ce qui fait toute la force de ce récit sur la folie.

« Un sang d’encre », Frédéric Gaillard

On passe un agréable moment avec cette histoire de vampire, qui taquine gentiment les écrivains.

« Jour de colère » (chronique de Lili), de Bernard Weiss

Bernard Weiss inaugure avec « Jour de colère » le jeu littéraire des « Chroniques de Lili ». Il s’agit en effet d’un projet d’écriture qui s’articule sur plusieurs épisodes : l’équipe de Nocturne impose aux auteur un contexte et un personnage principal, les novellistes écrivent ensuite, les uns à la suite des autres, les aventures de la fillette. Bernard Weiss initie donc l’histoire de la petite, et le fait de manière brillante, avec une histoire classique, mais joliment peinte et mise en scène. A vous de jouer pour la suite !

Illustré avec brio par Elie Darco, Cyril Carau et Alda, ce premier numéro de Nocturne, les charmes de l’effroi est un bel objet, plaisant à lire.


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Chroniqueuse et auteur

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