Lombres РChina Mi̩ville

Lombres

Auteur : China Miéville
Editeur : Le diable Vauvert
Traducteur : Christophe Rosson
Prix : 20 euros
636 pages
ISBN : 978-2-84626-214-9

Lombres est une version délirante et déformée de la ville de Londres. Là s’échouent et prennent vie les objets cassés de la cité anglaise. Le soleil est troué comme un beignet, les poubelles font du karaté et une brique de lait peut devenir votre plus fidèle compagnon.

C’est dans cet univers décalé que surgissent Deeba et Zanna, deux adolescentes tout ce qu’il y a de plus normales. Il leur faudra pourtant affronter le Smog, une fumée inquiétante qui menace Lombres et ses habitants.

Auteur de génie en littérature adulte, China Miéville a décidé de s’amuser avec cette incursion en jeunesse. Sa ville tordue lui permet d’expérimenter toutes sortes de trouvailles. Parmi elles, on trouve de vraies perles. Impossible de les citer toutes, elles sont trop nombreuses. En vrac : les mygalucarnes (des pattes d’araignée montées sur des fenêtres dans lesquelles on peut entrer) ; Fanthom Road, une cité fantôme où les bâtiments sont enveloppés de l’aura spectrale des précédentes bâtisses ; ou encore la combinaison de scaphandrier emplie d’eau de mer et de poissons…  Et des centaines d’autres idées toutes aussi délirantes et pleines d’imagination.

Mais paradoxalement, c’est aussi l’un des problèmes de ce Lombres. L’auteur donne l’impression d’avoir voulu caser toutes ses idées. Aussi se bousculent-elles à un rythme effréné, l’une chassant l’autre. Le lecteur peine à suivre et même à profiter de ces images… Menée tambour battant, la longue exposition de la ville (200 pages !) est étourdissante et parfois… fatigante. À la différence de ses récits pour adulte, China Miéville ne s’encombre pas de détails. Porté par un style rapide, il passe d’une situation à l’autre à toute vitesse, sans prendre le temps de caractériser un seul de ses personnages. Le duo d’héroïne est interchangeable tant elles sont transparentes. Pire, les filles agacent rapidement.

Heureusement, China Miéville s’amuse avec les codes de la fantasy et un grimoire empli de fausses prophéties va donner au roman un tour tout à fait inattendu, avec un twist monumental vers la page 200. Ouf ! Passé ce cap, le rythme ralentit enfin. On peut profiter (un peu) des environnements, mais surtout de l’histoire. Le roman continue sur 400 pages de plus et malgré la surabondance d’idées, on ne peut s’empêcher de penser que le tout aurait gagné à être plus court. Beaucoup plus court.

À trop vouloir en montrer, Lombres noie le lecteur sous ses trouvailles. Pourtant, on appréciera les fulgurances géniales de son auteur, qui s’impose une nouvelle fois comme un grand artiste de l’imaginaire.

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Publié dans Fantasy, Jeunesse, Romans | Permalien |

À propos de Arya

Chroniqueuse et auteur

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