INTERCO : La Galaxie Humaine de J & D Le May de Jean-Michel ARCHAIMBAULT

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INTERCO : La Galaxie Humaine de J & D Le May

Auteur : Jean-Michel ARCHAIMBAULT
Éditeur: Rivière Blanche
25 euros
396 pages
ISBN : 978-1-61227-238-2

 

 

J & D Le May : voilà un nom qui rappelle les riches heures de la défunte collection Anticipation du Fleuve Noir. Ces auteurs, ou plutôt cet auteur – seul Jean-Louis maniait la plume dans le couple – a donné à la SF Française quelques-uns de ses meilleurs morceaux.
Avec la patience et la méticulosité d’un bénédictin, Jean-Michel Archaimbault s’est attaché à démontrer, par le biais de diverses études, combien la construction enrichie roman après roman par Le May est d’une originalité et d’une complexité réelles. Jean-Michel Archaimbault, non sans raisons, rapproche cette création de celle de Cordwainer Smith, auteur de la fresque des Seigneurs de l’Instrumentalité. Les points communs sont effectivement nombreux : univers peints par touches successives au fil des récits, peu de détails précis sur les organisations politiques et sociales, aspects techniques relevant du minimum vital. Dans les deux cas le lecteur s’introduit dans ces abstractions par l’intermédiaire de personnages qui eux, crèvent l’écran.

Les Le May ont livré 66 romans au Fleuve Noir, entre 1966 et 1985. Un tiers seulement de cette production se situe dans l’univers de la Fédération et la moitié à peine parle de la centrale de surveillance Interco. L’objet de ce livre concerne donc plus particulièrement cet aspect de l’œuvre des Le May. On sait qu’un univers fonctionne lorsqu’il possède des éléments dont l’étrangeté nous interpelle. Et celui des Le May se place sous ce signe. C’est ainsi que vous pourrez y déguster un nèfle du Styg après une bonne viande d’opok séchée. Si vous êtes esthète, vous goûterez au chant des gorges d’ombre ou à une danse acambo. Vous assisterez peut-être à un mariage gershéen, signé pour une durée de 9 ans, à moins que vous ne préfériez oublier cela avec une bonne rasade de cacharal. Je ne vous conseille pas de vous étendre sur une couche d’orgacide frémissant ni de laisser en liberté dans votre jardin un garican.

La description de la Fédération par les Le May s’étend essentiellement entre les années 8000 et 9000 et porte sur environ 850 mondes habités. Jean-Michel Archaimbault souligne la dimension humaine de l’œuvre, même si les créatures exotiques abondent. En effet le lecteur découvre l’espace et les mondes lointains à travers les yeux et les sentiments des personnages, et leur humanité même les rend attachants. Les enquêteurs d’Interco en sont les exemples types. La personnalité d’un Eno Granger, pour ne citer que lui, est d’une richesse et d’une profondeur rarement égalées au Fleuve Noir. Il faut également souligner le style d’écriture des Le May, tour à tour rationnel, enlevé et souvent poétique. On peut ainsi étiqueter « fantasy » certaines parties de leurs romans (Vacances Spatiales, Les Créateurs d’Ulnar).

Cet ouvrage se clôt par une série de nouvelles d’auteurs qui ont tissé leurs histoires autour de l’univers des Le May. Le récit que nous offre l’anthologiste est une pure variation des enquêtes d’Interco qu’Agatha Christie elle-même ne démentirait pas. Patrice Lajoye ajoute avec brio un fruit au Métaxylia et nous avons l’occasion de découvrir une des rares nouvelles produite par Jean-Louis Le May et publiée jadis dans la revue Horizons du Fantastique. Jean-Marc Lofficier, Marie Loresco et Alain Blondelon ont su avec talent faire revivre, l’espace d’un récit, cette création unique qui est un des fleurons de la science-fiction Française.

 

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Publié dans Anthologies, Chroniques, Science-Fiction | Permalien |

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