AOC n°14

AOC 14
Club Présences d’Esprits
Février 2010
54 pages
3 euros

Ce numéro d’AOC présente les lauréats du concours Visions du futur 2009.

Les nouvelles :

Le 1er prix du concours récompense Ferrous Occire d’Aurélie Wellenstein et c’est sans conteste la meilleure nouvelle de ce numéro. Plongé dès le début au coeur d’un monde en guerre, le lecteur suit Kaël et Tara dans leur fuite d’un ennemi sanguinaire. Lorsque Kaël découvre une étrange épée, il ne se rend pas compte qu’il va devenir une pièce maîtresse de ce conflit.
Cette nouvelle est une réussite tant au niveau de son écriture, fluide et agréable, que par son histoire fascinante et oppressante. De plus, elle mélange deux thèmes du concours, celle répondant à Michael Crichton et celle à Edgar Poe, ce qui n’était pas facile.

Prospecteur de Jean Félix Lyon reçoit le deuxième prix. Axal participe à un rallye qui a pour but de rechercher et de trouver toute forme de vie dans l’espace. Lancé dans cette aventure, il se retrouve sur une planète où il détecte quelque chose de vivant. C’est avec un grand intérêt que l’on se balade avec Axal au grès des pages et que l’on découvre l’inimaginable. Écrite avec des termes scientifiques et très techniques, cette nouvelle n’est pas forcément abordable pour tout lecteur mais elle est néanmoins ni plus ni moins intrigante.

Le troisième prix décerne Vent cinglant de Dominique Molès. Il y est question de l’arrivée inattendue d’une vie extraterrestre sur Terre et du bouleversement que cela provoque sur la vie des habitants de la planète. L’originalité est là : tout d’abord dans la nature même de l’ « alien » qui ne correspond pas du tout à ce que l’on pourrait attendre, ensuite dans la rencontre entre la grand-mère et l’alien et enfin dans la description des réactions humaines face à ce nouvel intrus. Un texte très intéressant et différent des autres. Un bémol tout de même : j’ai trouvé la nouvelle longue et les descriptions un peu trop appuyées.

Poussière de Kanata obtient l’accessit et raconte l’histoire d’une fillette collectionneuse d’orbes. Telle une voyante face à ses boules de cristal, la petite fille s’éduque à travers ses boules lumineuses. Récompensée pour ses bons résultats scolaires, elle reçoit alors une nouvelle orbe et y découvre un monde extraordinaire qui va bouleverser sa vie. Cette courte nouvelle, bien écrite, répond très bien au thème  « Comment étudier une forme de vie totalement différente de celles que vous connaissez ? » (Michael Crichton). J’ai trouvé que la fin était prévisible même si elle était bien amenée.

Les BD :

Sylvain Cnudde et Pénélope Labruyère remporte le premier prix BD avec B.O.T.S. et répond au thème « Vous avez besoin de chaos dans votre âme pour enfanter une étoile qui danse » (Friedrich Nietzsche). L’histoire se passe dans l’espace : un homme, seul dans une station orbitale ayant pour but de ramasser les déchets qui gravitent autour de la Terre, se met à construire une étrange machine. Outre le dessin très bien fait, cette petite BD est chargée d’émotions. Le lecteur sort de sa lecture avec le sourire et la tête dans les étoiles !

Le deuxième prix consacre Fran et Jim pour La Théorie des cordes raides et s’intéresse au thème « La phrase la plus excitante à entendre en science, celle qui annonce de nouvelles découvertes, n’est pas ‘ Euréka ‘ (j’ai trouvé !) mais plutôt ‘ Tiens, c’est marrant ‘ » (Isaac Asimov). C’est ainsi que l’on suit deux histoires en parallèle, celle d’un homme qui s’ennuie et qui découvre une ouverture étrange dans l’espace de son bureau, et celle d’un autre homme résolvant une formule mathématique complexe. La rencontre des deux hommes est très originale et surprend par son étrangeté et son humour. Un bon moment.

Les illustrations :

Le premier prix se trouve en quatrième de couverture et récompense Mata pour L’étoile qui danse. Une illustration très libre et une vision originale de ce qu’est une étoile. Un style très personnel.

Le deuxième prix, Révélation de Jacques Dupuy et Laurence Guinet, montre une créature fabriquant et  manipulant, tel un créateur et un marionnettiste, une étoile.  Il s’agit ici d’une représentation de la phrase de Nietzsche qui, je trouve, n’est pas aussi achevée que l’accessit d’Isabelle Grave.

Isabelle Grave se rapproche des prix décernés avec Naissance dans le chaos. Une femme, cernée par les flammes, enfantent une étoile de façon particulière. Elle la retire de son cœur devenu sanglant et meurtri par des fils barbelés. La souffrance et la naissance se mélangent magnifiquement dans cette illustration.

AOC n°14 se parcoure et se lit facilement. C’est avec plaisir que l’on passe d’une nouvelle à une BD, d’une illustration à une nouvelle. Ce mélange de genre donne à l’ensemble du numéro un plus grand intérêt. Un regret tout de même : les illustrateurs et les nouvellistes se sont presque tous penchés sur les mêmes thèmes à savoir soit l’étude d’une nouvelle forme de vie, soit la création d’une étoile qui danse. Il est vrai que les thèmes étaient assez difficiles à mettre par écrit ou à illustrer mais, en tant que lecteur, on aurait voulu plus de diversité.

Le concours Visions du futur 2010 est ouvert jusqu’au 25 avril 2010. Vous trouverez la description des différents thèmes à la fin du numéro 14. A vos crayons !

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