AOC n°13

AOC 13
Club Présences d’esprits
54 p.
3 euros

Pour son treizième numéro, AOC souffle le chaud et le froid, le haut et le bas : tout un programme ! Vertige et mal de mer s’abstenir.

Quatre nouvelles sont au sommaire de cet opus. La première « Le Ferrovipathe » d’Olivier Gechter mixe un zeste de mythologie à de la SF décalée : la Mort et Charon ont affaire avec un vieux collectionneur récalcitrant. C’est la bouffée d’oxygène de ce numéro, la petite note légère qui permet de prendre son souffle avant de monter en « Altitudes » en compagnie d’Anthony Boulanger.

Les cinq narrateurs de cette deuxième nouvelle nous emmènent sur les flancs de cinq montagnes, toujours plus colossales. Ce texte à la construction audacieuse (découpage en chapitre, dédié à un personnage, à des époques différentes) est une ode à la nature et à l’escalade.

On redescend brutalement pour  monter à bord du « bateau ». Signé Pierre Poing, ce texte est mon gros coup de cÅ“ur du numéro. Sept gueules cassées (le Brûlé, le Muet, l’Etrange, le Sale, le Grand Homme, l’Inconstant et le narrateur) embarquent à bord d’un bateau fantomatique, qui les entraînera sur une mer grise et mystérieuse. Tout le monde n’appréciera pas forcément l’ambiance profondément dérangeante qui émane de ce récit, mais la nouvelle distille avec brio son atmosphère d’inquiétante étrangeté, aux frontières du rêve. L’auteur a une sacrée patte… jusque dans sa biographie ! Bref, saluons un texte à la fois efficace dans sa narration et particulièrement stylé. Des cauchemars comme ça, j’en redemande !

Difficile de passer après ce coup de maître ? Pas pour Phil Becker qui livre avec son « onzième étage » une histoire énigmatique et captivante. Son jeune héros, Léo, est né dans les hauteurs d’une tour gigantesque. Partant du 12 000eme étage, il entreprend une descente initiatique, dans l’espoir d’apercevoir le mythique Sol.  Très intrigant, ce récit crée en quelques pages une grosse attente : nous aussi on veut voir le Sol. Et on n’est pas déçu du voyage !

Enfin, ce treizième numéro renoue avec la BD. Cinq planches de Yann Gourhant closent avec brio la partie fiction d’AOC. Le cadrage tonique et le trait agressif sont au service d’une histoire d’horreur fantastique, un brin classique, mais efficace.

Avant de refermer cet opus, on potassera avec intérêt le volet « écriture » de Christophe Thiennot avec ici des conseils pour « améliorer son scénario. »

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Publié dans Revues - Fanzines | Permalien |

À propos de Arya

Chroniqueuse et auteur

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