L’oeil clos – Nico Bally

L’Ĺ“il clos

Auteur : Nico Bally
Editeur :Malpertuis 2010
155 pages
13 €
ISBN978-2-917035-14-6

Nico Bally est un vieux routier chez les novellistes. Depuis bientĂ´t dix ans, il en a publiĂ© des tas, notamment chez Khimaira, Univers et Chimères et Le Calepin Jaune. Cette fois, il se lance dans un roman : l’autobiographie fictive et initiatique d’un dandy attirĂ© par l’occultisme.

Au dĂ©but, Nico est un Ă©tudiant Don Juan, romantique à  ses heures, qui est initiĂ© aux expĂ©riences bizarres par un camarade de promo. Ça ne se passe pas très bien mais cette Ă©preuve lui a ouvert des portes. Il rencontre alors des gens Ă©tranges qui vont l’entrainer dans des aventures tour Ă  tour, glauques, inquiĂ©tantes et toujours Ă©tonnantes. Devenu un dandy raffinĂ©, il tente de devenir un Ă©crivain reconnu mais son parcours est semĂ© d’embuches.

C’est un bel hommage aux auteurs du XIXème siècle : Machen, Oscar Wilde, Poe…. On retrouve les grand classiques : le savant fou, la confrĂ©rie occulte, les fantĂ´mes, etc.

Nico Bally a un style incisif et ne s’encombre pas de fioritures. Le dĂ©faut de cette qualitĂ© Ă©tant que parfois, les descriptions sont un peu succinctes. Ce qui m’a un peu plus chiffonnĂ©, c’est l’appellation roman. Au dĂ©part (et Nico Bally le raconte Ă  la fin de son ouvrage) il s’agit d’un ensemble de nouvelles qui ont Ă©tĂ© retravaillĂ©es pour constituer un tout. Mais bien que digeste, la mayonnaise n’est pas assez ferme et il manque du liant : une intrigue solide qui aurait couru du dĂ©but Ă  la fin. Certaines bonnes idĂ©es, comme la confrĂ©rie des Douze TĂŞtes, ne sont pas assez dĂ©veloppĂ©es et exploitĂ©es, c’est un peu dommage. Du coup, le terme de roman est un poil usurpĂ©. VoilĂ , c’est dit et après tout, ce n’est très grave.

Comme pour chaque recueil de nouvelles, le niveau est inĂ©gal et chaque  lecteur trouvera quelque chose de diffĂ©rent Ă  son goĂ»t. Rassurez-vous,  il y a d’excellents textes. En ce qui me concerne j’ai bien aimĂ© :
Pas de soleil qui raconte les expériences « hors limites » des deux étudiants amateurs de sensations fortes. La fin est à la fois dramatique et saugrenue.

Le laboratoire Sephir ou le héros a affaire à des scientifiques très particuliers. Un mélange de fantastique et de steampunk assez réussi.

La chute de la famille Edler qui est un hommage à Edgar Allan Poe et sa Chute de la maison Usher. Le narrateur se voit proposer de coucher avec la sœur de son ami, Rohan Edler, afin de « perpétrer la race. ». Le dandy va être conduit dans un drame atroce et spectaculaire.

Hotel Uranie oĂą Nico est chargĂ© par les Douze TĂŞtes d’aller faire un tour Ă  Cendrecume, une ville engloutie par le brouillard. Cela semble facile pourtant la mort est lĂ  ou l’on ne l’attend pas.

Les Rubishins, un texte lugubre que je ne peux raconter sans tout dévoiler mais qui, lu au second degré, se révèle assez drôle.

Au final, l‘Oeil Clos, illustrĂ© avec talent par Fabien Fernandez (Fablyrr), confirme que Nico Bally a une belle carrière d’Ă©crivain devant lui. Ce « roman »  plaira aux nombreux amateurs de fantastique un peu rĂ©tro et romantique. N’est-ce pas Docteur Van Helsing ?

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Publié dans Fantastique, Recueils, Romans | Permalien |

Ă€ propos de Philippe Goaz

Chroniqueur et auteur SFFF

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