Le gamin de la spa 36 РPJ H̩rault

Le gamin de la spa 36

Auteur : P.-J. Hérault
Hors-Collection

http://www.riviereblanche.com/spa36.htm
ISBN-13: 978-1-61227-083-8
Prix : 25 euros (frais de port compris)
364 pages

4e de couverture :

Quand les secousses cessèrent il se demanda ce qui se passait et se pencha vers l’extérieur : les roues quittaient le sol ! Il voyait l’herbe défiler, juste là, de plus en plus vite, jusqu’à former une sorte de tapis informe de couleur uniformément verte. Il regarda de l’autre côté, se pencha le plus possible, ébahi, incapable de formuler un jugement, incapable de raisonner. L’avion montait régulièrement et déjà le sol paraissait loin. Physiquement il ne sentait rien, ou plutôt… il avait l’impression de ne plus peser. Il y avait bien ce moteur qui faisait un boucan infernal. Il se dit fugitivement que tout aurait été parfait si le moteur s’était éteint !

Dans la lignée de sa légendaire maison d’édition inspiratrice, Rivière Blanche nous propose pour la première fois un long et beau roman qui relève de la littérature générale, à l’instar de ce que fut la collection « Grands Romans ». PJ Hérault, l’auteur de ce livre, est une des icônes de feu Anticipation et Espionnage, et l’un des fleurons de Rivière Blanche.

Hérault est célèbre pour son épopée de Cal de Ter, mais ici, seule existe la terrible réalité de la guerre de 14 et des débuts de l’aviation de combat. Le récit narre l’histoire d’un jeune homme, d’abord versé dans l’infanterie et qui, lors de la bataille d’Ypres reçoit une blessure qui le laissera longtemps entre la vie et la mort puis durablement traumatisé. Remis sur pied à l’issue d’une longue convalescence, il va reprendre du service dans l’observation aérienne avant de devenir pilote au fil des concours de circonstance.

Il est clair que P J Hérault est un passionné d’aviation en raison de la connaissance approfondie dont il fait preuve en décrivant ces vieux coucous, ou pièges pour reprendre la terminologie de l’époque. On s’en était d’ailleurs déjà aperçu dans le domaine de la SF avec « Le dernier pilote ». Ce qui distingue les histoires de Hérault de celles de ses anciens confrères du Fleuve tient d’abord dans la construction de l’intrigue, solide, logique, même si elle ne révolutionne pas le genre. L’écriture ensuite, équilibrée et claire rend la lecture agréable et, grâce à ses qualités, crée les conditions nécessaires pour que s’établisse un vrai suspense. « Le gamin de la SPA 36 » rentre bien sûr dans ces critères. Il est difficile de s’en détacher au fil des pages, l’action – et c’est vraiment au cœur du talent de P J Hérault – tient en haleine le lecteur sans qu’il le réalise vraiment et le projette de fait dans l’histoire presque à son insu. P J Hérault seul sait si les personnages qu’il met en scène dans ce roman ne pas tous complètement imaginaires. Bien sûr les as, Navarre, Nungesser, sont des figures historiques et même légendaires de l’aviation, mais on découvre à l’ombre de ces héros une belle galerie d’hommes aux caractères fouillés, si proches de nous par leurs réactions et leurs angoisses. Jetés dans une guerre impitoyable, ils s’affrontent tels de nouveaux chevaliers dans le ciel de Verdun en des joutes marquées à la fois par la peur, le respect de l’adversaire et la mort que l’on donne ou que l’on reçoit. La surenchère technologique qu’occasionne ce terrifiant conflit est aussi bien mise en évidence et l’auteur montre que chaque adversaire ne bénéficie que d’un avantage éphémère, un nouvel avion venant rapidement surclasser le précédent, toujours plus rapide, plus dangereux, à l’image d’une guerre implacable qui invente de nouvelles méthodes pour tuer plus et mieux.

On sent une affection marquée de Hérault pour son personnage central, Antoine, le gamin de l’escadrille, arraché par le conflit à ses études, projeté dans un monde de fureur et de mort, mais aussi paradoxalement, de camaraderie et de fraternité. Les épreuves qui le mûrissent prématurément et en font rapidement, comme disaient les généraux de l’époque, un homme fait, et permettent à PJ Hérault de peindre avec beaucoup de maîtrise son évolution psychologique, ses efforts pour combattre la terreur à travers ses interrogations et ses déductions.

Un ouvrage donc qu’il convient de saluer dignement et qui souligne le dynamisme et le bel esprit d’entreprise qui anime les dirigeants de Rivière Blanche.

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Publié dans Historique - Aventure, Romans | Permalien |

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