Katorga de Jean-Michel ARCHAIMBAULT d’après Richard Bessière

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Katorga de Jean-Michel ARCHAIMBAULT d’après Richard Bessière

 

Auteur : Jean-Michel ARCHAIMBAULT
Éditeur: Rivière Blanche
20 euros
304 pages
ISBN : 978-1-61227-352-5

 

 

 

KATORGA est la reprise d’une œuvre ancienne de Henri Bessière, N’accusez pas le ciel, parue initialement au Fleuve Noir Anticipation. (N° 259, décembre 1964)
Réécrire l’œuvre d’un autre auteur est toujours un exercice difficile, puisqu’il convient d’être à la fois fidèle à l’histoire originelle tout en s’en démarquant. La question est donc : l’élève en l’espèce, est-il à la hauteur du maître ?

Pour répondre à cette question, il convient évidemment de lire les deux livres. L’éditeur, dans sa présentation, évoque les mânes de Philip K Dick à propos de N’accusez pas le ciel, et il n’est pas dans l’excès. En effet, Henri Bessière donna avec ce titre un livre aux riches potentialités, bien au-dessus de ce qui s’écrivait à l’époque dans cette collection. Il aborda un ensemble de sujets aussi ambitieux que l’aliénation, la paranoïa ou la manipulation des esprits. On voit que l’aspect humain est prédominant dans cette histoire, et que l’influence extraterrestre et ses avatars ne sont qu’habillages pour cette approche comportementale plutôt réussie.

Jean-Michel Archaimbault a donc relevé ce défi en nous livrant un roman qui pèse deux fois plus lourd que son modèle. Habilement, et pour renforcer le sentiment d’oppression, il a situé l’intrigue en Russie, ce qui inévitablement fait monter l’image des goulags dans notre esprit. Il est resté très fidèle au corps de l’intrigue, n’en divergeant qu’une fois ses héros sortis de leur camp et s’aventurant dans le monde environnant. Jean-Michel a bien sûr aussi actualisé les côtés techniques et historiques et s’est même offert un petit clin d’œil avec son héros préféré, Perry Rhodan.

Dans l’œuvre d’Henri Bessière, une entité extraterrestre composite est aux manettes et entreprend son évolution vers le monde de l’animé. L’auteur ne dit pas si les rescapés sur Terre reprendront la main, même si la fin se veut optimiste, et avouons-le un peu précipitée, le format de l’ouvrage l’obligeant. Changement de ton chez Jean-Michel Archaimbault où la perspective d’une collaboration avec l’IA (l’entité décrite ici étant un peu différente de celle de Henri Bessière) n’est pas exclue. Ces deux variations autour du même thème sont excellentes, et celle de Jean-Michel s’est offerte un cadre élargi, non contingenté par les exigences d’une maison d’édition où il fallait écrire vite et en quantité pour vivre. Le résultat est, qu’à partir d’une base solide signée Henri Bessière, il nous donne ici un roman tout à fait remarquable qui atteint plusieurs objectifs, dont celui d’actualiser une œuvre de qualité hélas sans doute bien oubliée, de mettre à l’honneur cet auteur important qu’était Henri Bessière et, enfin, de nous donner un texte qui soutient sans problème la comparaison avec ce qui s’est fait de mieux dans le domaine. Une belle réussite donc, et une pépite supplémentaire dans le lit de la Rivière Blanche.

 

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Publié dans Chroniques, Romans, Science-Fiction | Permalien |

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