Frontières – N°1

Frontières – N° 1

Editeur: Éditions du Nexus
72 pages
Prix : gratuit
Date de parution : juin 2012

 

J’ai déjà eu l’occasion de dire tout le bien que je pensais de la revue Frontières et de leurs jeunes hérauts, les éditions du Nexus, via la chronique du n°0, aussi ami lecteur éviterai-je ici de sombrer dans une lassante redondance. La revue était alors balbutiante et entrait dans le monde merveilleux du webzinat; un beau bébé paré de beaux atours et de qualités certaines, pour ne pas dire évidentes, vous en conviendrez bien certainement.

Qu’en est-il donc de la nouvelle mouture parue récemment, le numéro un, ce gnome infernal qui veut s’afficher pour pas un rond sur vos écrans en cliquant ici?

 Force est de constater que les éditions du Nexus ont su gérer ce nouvel accouchement en gardant le cap observé auparavant. Si d’après mes informations les docteurs ont du se relayer avec ardeur pour parvenir à l’extraire de sa matrice digitale, le résultat se révèle une nouvelle fois au rendez-vous. En prime, nous avons le plaisir d’avoir un fichier cette fois plus léger à télécharger, ce qui n’est pas négligeable selon la bécane qui vous sert à lire (nous passerons sous silence le fait que je tourne sur une antiquité, ce qui altère l’objectivité sur ce point).

Seul reproche que je ferai, une unique nouvelle et une courte prolongation de l’épisode BD du n°0 font un peu cheap, une rasade supplémentaire de l’un ou de l’autre aurait permis de jouer avec joie les prolongations. Toutefois ne boudons pas notre plaisir et jetons nous à l’eau – ou sur une bière fraiche, en ces temps de chaleurs estivales je vous laisse le soin de choisir selon votre bon plaisir.

La lecture commence ainsi sur un dossier très fouillé de Sébastien Julliard dédié à feu l’auteur américain Thomas Disch, dont la bibliographie fourmille manifestement de petites perles de la science-fiction. La faculté qu’a l’écrivain multi talents de transposer les problématiques de la société américaine et d’extrapoler dessus dans un univers futuriste annonce de chouettes moments de lecture, en plus d’une joie ineffable pour disséquer les travers de l’être humain. Une bibliographie entière de cet acabit à redécouvrir, ma foi, ça donne envie, pas vous ?

S’ensuit une interview croisée sur le thème de la ville avec Mathieu Gaborit, Cédric Ferrand et Jean Philipe Jaworski, que l’on ne présente plus ici. Le thème est intéressant, bien abordé et permet de comparer les visions respectives de ces trois auteurs sur cet élément clé de leurs récits, ainsi que la relation qu’ils entretiennent avec ce lieu urbain qu’ils façonnent de leurs plumes. Assurément captivant pour mieux saisir la manière dont l’inconscient des écrivains influence le travail de construction d’une cité littéraire.

Les chroniques surgissent alors au détour des pages pour nous assaillir de conseils de lectures pour l’été. Vous comptiez partir en vacances sans un bon livre à vous mettre sous la dent ? C’est raté à nouveau pour ce coup-ci, vous trouverez forcément votre bonheur quelque part, que ce soit en fantastique, science fiction, fantasy, polar, bande dessinée, etc. Quant on dit qu’il y en a pour tous les gouts de l’autre côté de la frontière…

Pour ce nouvel opus, nous avons droit aussi à la nouvelle « Demain tout ira mieux » de Florent Martin. L’histoire se déroule dans un univers de western post-apocalyptique, original et prenant qui mériterait d’être exploré davantage par la suite. L’idée de faire adopter aux personnages des noms d’acteurs de films ou de légendes de l’ouest américain permet en prime de poser la question de l’identité réelle de chacun, ce qui est indéniablement un plus. En bref, une excellente nouvelle à savourer, bien écrite et savamment ficelée, à laquelle ne manque que le banjo en fond sonore.

Enfin, une suite à la BD « Huxley Dust and the Dead Karrots » lancée dans la revue 0 permet d’apprécier à nouveau le trait précis et racé de Mika Moon. Toutefois navigateurs du Nexus, ajouter deux planches supplémentaires à l’histoire initiale, c’est cool mais un peu court pour vraiment savourer, pour ne pas dire un poil frustrant. D’accord, ce n’est pas la taille qui compte à ce qu’il parait, mais quand même !

Dans tous les cas, ami lecteur, amie lectrice, tu trouveras ton bonheur dans ce numéro un aussi certainement qu’il l’est de dénicher le veau nouveau sous le pis de sa mère, alors pourquoi se refuser ce petit plaisir numérique ?

Et comme d’habitude, pour discuter de la revue, c’est par ici.

Florent Salem

 

 

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Publié dans Chroniques, Revues - Fanzines | Permalien |

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