Fables – Bill Willinghham

Fables

Dessinateur : pleins… C’est un comic book.
Scénariste : Bill Willingham
Panini Comics pour la VF
Une dizaine de tomes en Anglais, huit traduits pour le moment.
Une centaine de pages par volume,
environ 11 euros chacun.

Fableville, un quartier en apparence bénin de l’Upper East Side à New York. Pourtant, c’est le refuge qu’on choisit les « Fables », les personnages nés des contes de fées et de l’imaginaire littéraire, pour échapper à « l’Adversaire », une créature mystérieuse qui a entrepris de conquérir chacun de leurs royaumes féériques. Là, parmi les « communs » (comprenez les gens comme vous et moi), ils tentent de survivre tout en espérant un jour prendre leur revanche et regagner leurs domaines natals. Sous la tutelle de Blanche Neige, devenue la revêche adjointe d’un maire aussi sympathique qu’incompétent, et du Shériff Bigby Wolf (le Grand Méchant Loup qui s’est racheté une conduite en adoptant une apparence humaine), ils auront à faire face aux attaques de leur ennemi commun, aux petites magouilles de Jack (celui du Haricot Magique) et à l’ambition débordante du volage Prince Charmant (lequel a successivement épousé Blanche Neige, Cendrillon et la Belle Au Bois Dormant).

Étrange univers que celui de cette bande dessinée. Ce n’est pas le premier livre à réinventer les contes et à leur ajouter une suite, pourtant le traitement est ici bien particulier. On pourrait penser à un énième délire comico-humoristique comme l’a si maladroitement fait Catherine Dufour dans Blanche Neige et les Lance-Missiles (désolé, j’ai détesté ce livre au dernier stade, ce qui fut une cruelle et amère expérience car j’avais vraiment aimé Le Goût de l’Immortalité, mais ceci est une autre histoire). Non, ici le traitement est des plus sérieux et l’on se surprend à s’attacher à ces personnages qui ne sont pas tout à fait conformes aux images « traditionnelles » qu’on a d’eux. Bigby, le Grand Méchant Loup, est réellement un brave type en plus d’un shérif compétent et efficace, Blanche Neige a été blessée par la vie, ce qui l’a rendue aigrie et cassante. Quant au Prince Charmant, ce n’est guère qu’un gigolo poseur et égoïste. Je ne vous parlerai pas de Pinnochio, certes transformé en vrai petit garçon, mais condamné à le rester éternellement sans pouvoir donner libre cours aux pulsions « adultes » (du genre « classé X ») qui l’assaillent. Pourtant, l’humour n’est pas forcément de mise dans le monde des Fables : ils sont en guerre et tous ont vu mourir des êtres chers dans les batailles qu’ils ont menées, leur histoire tient plus de la tragédie que de la pantalonnade. Pour le coup, l’univers si familier des contes se métamorphose en une terra incognita que l’on découvre au fur et à mesure des tomes.
Sans avoir la richesse d’un Sandman, cette série est des plus intéressante et on a rapidement envie d’en savoir plus sur les existences de ces êtres de légende qui vivent parmi nous. Voilà donc un bon moment de divertissement avec un scénario abouti et des personnages vraiment attachants, ce serait dommage de s’en priver, non ?

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Publié dans Bandes-Dessinées | Permalien |

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