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Amateur de cinéma intelligent comme de films à gros spectacle (et parfois même de cinéma intelligent à gros spectacle), voilà longtemps qu'un film ne m'avait pas conduit presque malgré moi dans une salle obscure. Loin de moi l'idée de faire la critique du système, mais rares sont les films qui valent vraiment la peine de se déplacer, de faire la queue et de payer presque 10 euros. 300 est l'un de ceux-là.
Pourtant, c'était loin d'être gagné d'avance. Ca fait déjà un moment que la geule de ce barbu body-buildé en colère traine ici ou là, sur internet et ailleurs, et que le titre numérique et énigmatique résonne un peu partout. Mais, je ne suis plus le lapereau boutonneux que je fus, et on m'a déjà fait le coup. D'autant que le pitch n'est pas franchement excitant : 300 gaillards en jupette vont défendre leur pays contre une armée douze mille fois plus nombreuse. Mouais... Et ce soir, ya quoi à la télé ?
Le temps passe et la date de sortie approche. On sent monter la bave aux lèvres de ceux qui ont suivi tout ça d'un peu plus près. Moi, je reste indifférent. Et puis...
Et puis je tombe sur la bande annonce. Et là, avant de m'apercevoir de quoi que ce soit, je suis déjà à mi-chemin du ciné. Manque de bol, c'est la veille de la sortie. Au moins comme ça, je suis sûr d'avoir une place. Dans le hall, je ne peux pas décrocher les yeux des affiches qui me promettent deux heures intenses. Le barbu qui gueule a pris une autre dimension et ses pectoraux m'assurent que la testostérone coulera à flots (rouges et bouillonnants). La femme (tient ? C'est un film avec des femmes) sur l'autre affiche réveille cruellement ma curiosité qui avait pris quelques semaines de vacances.

La preuve, il ya des femmes dans 300
Le film commence enfin.
C'est beau comme un concours de gonflette peint par les grands maîtres de la Renaissance. Chaque image est magnifique.
C'est violent comme le premier jour des soldes. On est entre Braveheart et Gladiator mais le mouvement des lances est hypnotique et les membres se détachent des corps avec une grace inégalée. C'est beau la guerre.
La musique accompagne divinement chaque montée d'adrénaline, chaque poussée d'hormones (mâles, forcément), chaque geyser de sang.
Le film est un spectacle. Un spectacle brutal, furieux, esthétique et complètement jouissif. On en ressort abasourdi, heureux (et pour ma part, démoralisé quant à l'état de mes abdominaux).[/justify]

Pourtant, parce que tout ça était trop beau et que je ne crois pas au film parfait, je mettrai deux bémols à l'enthousiasme qui ne me quitte pas. Allez, je suis sympa, je vous en mets même trois :
Les dialogues sont parfois risibles. Ca vient peut-être de la VF, mais j'en doute. Ce film est une adaptation d'un comics de l'inadaptable (et génialissime) Frank Miller. Et autant la transcription mot à mot des dialogues de Sin City de la version papier à l'écran est passée toute seule (et donnait même un brin de poésie à cet autre film de furieux), autant là... Ca tombe à plat, ça plombe, ça pontifie.
De plus, le scénario est loin d'être béton. Il tient même sur une feuille à rouler. Mais son traitement est bon. Merci monsieur Miller. Par contre, je trouve dommage que le film soit si linéaire : on commence avec la jeunesse du roi qui permet de faire la lumière sur l'étrange mode de vie spartiate. Ca dure 15 minutes et zou ! En avant, c'est la guerre.
Enfin, ça n'en finit pas de finir.
Bon, là, je vais demander aux gens qui ne l'ont pas encore vu, de bien vouloir arrêter de lire s'ils ne veulent pas se gâcher la fin du film.
...
Vous êtes toujours là ?
...
Sérieusement ce serait dommage.
...
(même si c'est un peu comme pour Titanic...)
...
(on sait qu'à la fin, le bateau coule)
...
Bref !
Le film dure une demi-heure de trop. A partir de la trahison d'Elephant-man, ça dure, ça dure. Le roi en fait des caisses avant de se prendre une volée de flèches lentissimes, et les dialogues s'alourdissent encore d'un ou deux crans (notamment lorsque "Faramir" pousse son monologue final et soporifique, loin de celui de Mel dans Braveheart si on veut comparer). C'est plein de bons sentiments patriotiques. On en vomirait.
Quel dommage de finir là-dessus quand l'heure et demi précédente était si prenante.
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300
Film de Zack Snyder (L'Armée des Morts) d'après la BD de Frank Miller.
Genre : Peplum (ce n'est pas un film fantastique !)
Année :2006
Durée : 1h55 (dont 30 minutes de trop)
Avec :
- Léonidas : Gerard Buttler (Dracula dans le "fameux" Dracula 2001)
- Gorgo : Lena Headey (Angelika dans le décevant Les Frères Grimm)
- Xerxès : Rodrigo Santoro (vu dans Charlie's Angel 2 et Lost)
- Dilios : David Wenham (Faramir dans Le Seigneur des Anneaux)
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Sam-le-gris
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