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#1 02-03-2018 20:45:25

Nanten
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La Dame de La Montagne en Cuivre (la traduction en français)

C'est une traduction dans le français du premier “skaz“ (une histoire fabuleuse) d'un cycle de Pavel Bajov, un écrivain russe qui écrivit au début du XX siècle. Il recueillit les légendes des ouvriers ouraliens dont les sources avaient passé au XVIII siècle, et il les remania. En Russie chaque enfant sait qui est La Dame de La Montagne en Cuivre, La Dame, la Reine des couches profondes d'Oural, et je voudrais que les Français  sachent aussi ces belles histoires.

L' auteur: P. Bajov                                                                                                                         La traductrice: Nanten

La Dame de La Montagne en Cuivre

Un jour, deux hommes de notre usine allèrent regarder l’herbe. Leurs prairies se trouvèrent lointaines, au delà de la petite rivière Sévérouchka.
Il’y avait fête, il faisait très chaud. Le grand soleil brûlait. Mais l’un et l’autre travaillaient dans la montagne, c’est-à-dire, aux Goumeuchkies. Ils extrayaient le minerai de cuivre : la malachite et l’azurite aussi. Quelquefois, les cristaux du cuivre et le cuivre natif se rencontraient, avec les autres minerais qui convenaient.
L’un était le jeune homme célibataire, mais ses yeux commençaient déjà à devenir vert. L’autre homme était âgé, lui était du tout usé. Le blanc de ses yeux devint vert et ses joues se couvrirent de vert. Et cet homme toussait toujours.
Il faisait bon dans la forêt. Les oiseaus chantaient joyeusement, la vapeur se levait de la terre, il était facile de respirer. Bien entendu, ils furent accablés de chaleur. Ils arrivèrent à la mine de La Montagne Rouge, on extrayait le minerai de fer là-bas. Les nôtres se couchèrent donc sur l’herbe sous un sorbier et s’endormirent tout d’un coup. Mais soudain, le jeune homme se réveilla comme si quelqu’un le poussa. Il regardait : une jeune fille était assise dos à lui sur un petit tas de minerai. Et par rapport à sa tresse, on savait qu’elle était une fille célibataire. Sa tresse était bleu-noire et ne pendait pas comme celle de nos jeunes filles, mais comme si elle adhérée au dos. À l’extrémité de la tresse, il y avait des rubans soit rouges soit verts. Ils étaient transparents et tintaient doucement comme le cuivre en feuilles. Le gars était ébahit par cette tresse, mais l’observait encore. La jeune fille n’était pas de grande taille,  mais elle était bien troussée et une telle frétillonne, ne pouvait pas rester assise tranquille. Tantôt elle se baissait en avant comme si elle recherchait quelque chose sous ses pieds, tantôt se rejetait en arrière de nouveau, tantôt se penchait d’un côté et tantôt de l’autre, ou bien elle sautait sur ses pieds et brandissaient ses mains, ensuite se baissait à nouveau. En bref, la jeune fille était comme le mercure. On entendait parler, mais il était impossible de comprendre qu’elle était cette langue et avec qui elle causait. Mais elle parlait, en rigolant. Elle se sera égayée.
D’abord le gars voulait se mettre à lui parler, mais soudain, c’était comme si on le frappait sur sa nuque.
« Bonne mère, c’est une vraie-Dame donc ! Quels sont ses vêtements ! Comment je ne les ai pas aperçus d’emblée ? Elle a détourné mes yeux par sa tresse. »
En effet, les vêtements étaient tels quels il n’y en avait pas dans le monde entier. La robe, vois-tu, de la malachite de soie. Il y en a une seule sorte.  C’est une pierre, mais elle a l’air d’être de la soie, on a même envie de la toucher.
« En voilà, un malheur,  pensait le gars ! Que nous savions seulement jusqu’à ce que elle ne nous aperçoive pas ».  Il entendait, vois-tu, les vieux parler que cette Dame, la malachitine, aime jouer avec les mortels.
À peine avait-il pensé ça qu’elle y retourna.
Elle regardait le gars gaiement, souriait et disait d’un ton badin :
« Pourquoi, Stépan Pétrovitch, écarquilles-tu gratuitement tes yeux à la beauté d’une jeune fille ? Pour regarder, il faut payer. Vient donc à moi. Nous parlerons un peu ».
Le gars eut peur, bien sûr, mais il n’en laissait rien voir. Il tenait bon. Soit elle était une puissance mystérieuse, mais une jeune fille tout de même. Lui, il était un jeune homme, c’est pourquoi il avait honte de lui montrer ses craintes.
« Je n’ai pas de temps, disait-il, pour parler. Ensuite, nous avons dormi, bien que nous allions regarder l’herbe. »
Elle riait, puis disait :
« Finis-donc de biaiser. Va-t-à moi, je te dis qu’il y a une affaire ».
Bon, le gars voyait qu’il était impossible de l’évitée. Il allait à elle, mais elle brandissait sa main : contourne le minerai de l’autre côté. Il le contournait et voyait qu’il y avait là, une multitude de lézards là-bas. Tous étaient variés, vois-tu. Par  exemple, les uns étaient verts, les autres étaient bleu-clairs, quelques-uns devenaient bleu ou étaient comme l’argile ou bien comme le sable aux paillettes d’or. Les uns reluisaient comme le verre ou le mica, les autres étaient comme l’herbe flétrie et quelques-uns étaient ornés de dessin.
La jeune fille riait.
« N’écrase pas, disait-elle, mon armée, Stépan Pétrovitch . Regarde, combien tu es grand et lourd, mais eux, ils sont petits. »
Elle claqua des mains et les lézards se débandèrent, laissèrent passer.
Voilà, le gars s’approcha et s’arrêta, elle claqua des mains à nouveau et dit tout en riant :
« Maintenant, il n’y a plus de place pour poser ton pied. Si on écrase mon serviteur, un malheur arrivera ».
Il regarda sous ses pieds, mais dessous, il était impossible de voir la terre. Tous les lézards s’entassèrent ensemble, et comme si un planché s’ouvré. Stépan regardait – mon Dieu, c’est un minerai de cuivre donc ! de toutes sortes et bien polis. De plus, il y avait le mica et la blende et les paillettes variées qui ressemblaient à la malachite.
« Eh bien, m’as-tu reconnue maintenant, cher Stépan ? » lui demandait-elle et riait. Puis, peu de temps après, elle dit :
« Ne crains rien. Je ne te causerais pas de mal».
Le jeune homme était vexé d’entendre la jeune fille se moquer de lui et lui dire de tels mots en plus. Il se fâcha pour de bon, il cria, même :
« Qui pourrais-je craindre,  je travaille dans la montagne !
- Voilà c’est bien, réponda la malachitine, c’est justement ce qu’il me faut : un tel homme qui ne craint personne. Pour demain, à l’heure ou on descend dans la montagne, c’est votre intendant qui viendra. Dit-lui, mais surtout n’oublie pas les paroles :
« La Dame de La Montagne en Cuivre t’as ordonné à toi, bouc infect, que tu décampes de la mine de la Montagne Rouge. Si tu me fais casser encore ce chapeau de fer, je te ferai descendre tous les cuivres des Goumeuchkies là où personne ne pourra les prendre ».
Elle dit cela et cligna ses yeux :
« M’as-tu compris, cher Stépan ? As-tu dit que tu travailles dans la montagne et que tu ne crains personne ? Alors, dit à l’intendant ce que je t’ai rajouté. Maintenant, va et ne parle de rien à cet homme qui est avec toi. Il est un homme usé, il ne faut pas l’alarmer et le mêler à cette affaire. J’ai même dit à l’azurite qu’il lui aide un peu ».
Elle claqua des mains à nouveau et tous les lézards se débandèrent. Elle-même aussi, elle sautait sur ses pieds, se prenait pour une pierre, bondissait et courait comme un lésard sur cette pierre. Des pattes vertes apparurent à la place de ses mains et ses pieds, une queue se montra,  une raie noire passa sur la moitié du dos, mais la tête resta humaine. La Dame courut jusqu’au faîte, se retourna et dit :
« N’oublie pas, cher Stépan, comment je t’ai dit. « Je te l’ai ordonné – bouc infect – de décamper de la mine de la Montagne Rouge ».  Si tu fais à mon gré, Stépan,  je me marierai avec toi ! »
Le gars,  en cracha même dans l’emportement :
« Pouah, quelle saleté ! Moi, que je me marie pas avec un lézard ».
Elle le voyait cracher et riait.
« Bon, criait-elle, nous en parlerons après. Peut-être que tu changeras d’avis ? »
Aussitôt, elle se glissa rapidement derrière le tas du minerai, sa queue s’évapora.
Le gars resta seul. La mine était silencieuse. L’autre homme, on ne l’entendait que ronfler. Stépan le réveilla.  Ils arrivèrent à leurs prairies, regardèrent l’herbe, rentrèrent à leurs maisons le soir, mais Stépan ne pensait qu’une chose : que faire ? C’était difficile pour chacun de dire de telles paroles à l’intendant qui était infect, c’était une vérité. On disait qu’il avait un pourri dans son corps. Mais ne pas lui  dire, cela était mal aussi. Puisqu’elle était La Dame. Elle pouvait transformer tout le minerai en blende. Comment réaliser ces tâches, pour le meilleur ? Mais le pire c’était qu’ il aurait honte de se montrer comme un fanfaron devant la jeune fille.
Il y réfléchit longtemps et décida :
« Vaille que vaille, je ferai comme elle me l’a  ordonné ».
Le lendemain matin, quand  les gens se furent réunis contre un ascenseur de la mine, l’intendant d’usine vint. Bien sûr, tous ôtèrent leurs chapeaux et se taisaient, mais Stépan s’approcha de lui et dit :
« Hier, j’ai vu La Dame de la Montagne en Cuivre et elle m’a demandé de te dire. Qu’elle t’ordonne à toi, le bouc infect, de décamper de la mine de la Montagne Rouge. Si tu lui abîme ce chapeau de fer, elle fera descendre tous les cuivres des Goumeuchkies là où personne ne pourra les prendre ».
Même la moustache, de l’intendant commença à vibrer.
« Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Toi, tu es saoûl où tu as perdu la raison ? Quelle Dame ? As de telles paroles ? Moi, je vais te laisser moisir à la montagne !
- Comme tu veux, disait Stépan, mais on me l’a demandé ainsi.
- Fouettez-le, criait l’intendant, descendez dans la montagne et enchaînez-le dans un chantier ! Donnez-lui de la lavure de cochon qu’il ne crève pas et demandez-lui ses tâches sans indulgence. S’il arrive quelque chose, fouettez-le sans merci ! »
Bien sûr, on fouetta le gars et le mit à la montagne. Un surveillant (qui était un vrai chien) lui fera le pire des chantiers. Là, ou il y avait de l’eau et ou il n’y avait pas de bon minerai, il serait grand temps de le quitter, cet endroit. On enchaîna Stépan sur une chaîne longue, pour qu’il puisse travailler. Bien entendu, c’ était au temps du droit de servage.  On tourmentait les gens par tous les moyens. Le surveillant disait encore :
« Refroidit-toi un peu ici. Ta tâche de la malachite sera finis ».
Il ordonna tout incroyablement.
Tant pis. Quand le surveillant s’en fut allé, Stépan se mit à agiter son pic, il était un gars agile quand même. Il regardait que tout allait bien. La malachite tombait comme si quelqu’un la jetait de ses mains. L’eau disparut du chantier.  Il devint sec.
« Voilà, c’est bien, pensait-il. La Dame se sera souvenue de moi. »
À peine avait-il pensé ça que la vive lumière brilla soudain. Il voyait que La Dame était ici, devant lui.
« Bravo, disait-elle, Stépan Pétrovitch. On peut te célébrer. Tu n’as pas eu peur du bouc infect, tu lui as bien dit. Nous allons donc regarder ma dôte. Moi aussi, je tiens ma parole. »
Elle disait cela, mais elle se renfrognait comme si c’était mal pour elle. Elle claqua des mains,  les lézards accoururent et enlevèrent la chaîne de Stépan. La Dame leur donna un ordre :
« Faites le double de la tâche. Que la malachite soit de première qualité, comme une sorte de soie ». Puis elle disait à Stépan : « Eh bien, mon petit fiancé, allons regarder ma dôte ».
Voilà ils y allaient.  Elle marchée en tête, Stépan la suivait. Où que elle aille tout était ouvert pour elle. Comme si les grandes salles devenaient dans un souterrain et leurs murs étaient variés. Tantôt tous étaient verts, tantôt ils étaient jaunes avec des pailletes d’or. Dans certains murs il y avait les fleurs de cuivre. Il y avait aussi des fleurs bleues et azurées. Bref, il était tellement orné qu’il était impossible de le décrire. Et la robe de la Dame changait. Tantôt elle brilllait comme le verre, tantôt elle se déteignait soudain,  tantôt elle étincelait comme un terrain diamantifère où bien devenait rouge comme le cuivre, puis elle tirait de nouveau sur la soie verte.
Ils marchèrent longtemps,  puis enfin la Dame s’arrêta. 
« Ensuite, disait-elle, pour beaucoup de verstes, il y aura des pierres ordinaires et mouchetées, jaunes et grises, pour commencer.  À quoi bon les regarder ? Voilà, maintenant nous sommes directement sous la Montagne Rouge. C’est ma place la plus chère après les Goumeuchkies. »
Stépan voyait une enorme maison, où il y avait un lit, des tables et des tabourets, tout était en cristaux de cuivre. Les murs étaient en malachite aux diamants, le plafond était rouge-foncé, il y’avait des fleurs en cuivre sous la patine.
Elle disait :
« Asseyons-nous ici, parlons. »
Ils s’assirent sur les tabourets. La malachitine demanda :
« As-tu vu ma dôt ?
- Je l’ai vu, répondait Stépan.
- Eh bien, maintenant que diras-tu , que nous nous marions ? »
Mais Stépan ne savait pas quoi lui répondre. Vois-tu, il avait une fiancée : une bonne jeune fille orpheline. Bien sûr, elle ne pouvait pas égaler la malachitine en beauté ! Elle était simple, une femme ordinaire. Stépan hésitait et hésitait. Enfin, il dit :
« Ta dôt est de la taille des tsars, mais moi, je suis un simple homme, un ouvrier.
- Toi, disait-elle, cher ami, ne te rabbaise pas. Dit-moi franchement, te marieras-tu avec moi oui ou non ? »
Elle s’en froissa du tout.
Alors, Stépan répondit carrément :
« Je ne peux pas, car j’ai déjà donné ma parole à une autre femme. »
Après avoir dit cela, il pensa qu’elle serait fâchée. Mais il semblait, au contraire  qu’elle s’en réjouit.
« Bravo, disait-elle, cher Stépan. Je t’ai loué pour l’intendant, mais je te louerais au double pour cela. Tu n’as pas convoité mes richesses, tu n’as pas échangé ta chère Nastassia contre la fille en pierre. »
C’était juste, que la fiancée du gars s’appelait Nastassia.
« Voilà, disait-elle, un petit cadeau, que je t’offre pour ta fiancée. »
Elle lui donna un grand baguier en malachite. Là, vois-tu, il y avait toute une parure de femme. Des boucles d’oreille, des bagues et cætera que même toutes les riches fiancées n’avaient pas.
« Mais comment, répondit le gars, je vais monter en haut avec ça ?
- Ne t’inquiète pas. J’arrangerais tout et je vais te délivrer de l’intendant, et tu vivras sans soucis avec ta jeune épouse, mais voilà mon ordre : après, ne te rappelle plus de moi. Ce sera ma troisième épreuve pour toi. Maintenant, permet-moi de te nourrir un peu. »
Elle claqua des mains,  les lézards accoururent et garnirent toute la table de plats. Elle le nourrit d’une bonne soupe aux choux, une tourte au poisson, de la viande de mouton, une bouillie et de tout ce qui convenait selon l’usage russe. Puis elle dit :
« Adieu, Stépan Pétrovitch, ne te rappelle pas de moi ».
Elle le disait avec de gros yeux en larmes. Elle tendit sa main et ses larmes – flac, flac – se figèrent en grains. Elles versèrent un plein creux dans sa main.
« Voilà, prends afin que tu t’enrichisses. Les gens donnent beuacoup d’ argent pour cettes petites pierres. Tu seras riche. » Elle lui disait et lui les donnait.
Les pierres étaient froides, mais, vois-tu, la main était chaude et vivante et tremblait un peu.
Stépan prit les pierres, s’inclina profondement et répondit :
« Où vais-je à aller ? »
Lui aussi, devint triste. Elle avait montré du doigt une entrée comme une galerie de mine, qui s’ouvra devant lui, il faisait jour là-bas. Stépan alla dans cette galerie, vit de nouveau toutes sortes de richesses souterraines et arriva justement à son chantier. Il arriva, la galerie ferma et tout devint comme d’habitude. Un lézard accourut, ajusta la chaîne à son pied, et le baguier avec les cadeaux diminua soudain, et Stépan le cacha dans son maillot. Peu de temps après cela, le surveillant vint. Il se proposait de rire, mais il vit que Stépan entasse le minerai au dessus de sa tâche, et la malachite était de choix, de qualité supérieure. Il pensait : « Comment ? D’où cela lui est-il venu ? » Il entra dans le chantier, inspecta tout et dit :
« Dans ce chantier chacun cassera tant qu’il veut ».
Il emmena Stépan dans l’autre chantier, pour celui-là, il y mit son neveu.
Le lendemain, Stépan se mit à travailler, mais la malachite tombait bien et encore des cristaux du cuivre et du cuivre natif  se rencontraient. Quant au neveu, voyez-vous cela, il n’avait rien de bon, la matière était stérile et la blende allaient toujours. Alors, le surveillant saisit l’essentiel. Il courut à l’intendant. « En voilà. »
« Il faut croir cela ! Stépan a vendu son âme à un démon. »
L’intendant répondait ainsi :
« C’est son affaire, s’il a vendu son âme, nous n’avons qu’à en tirer profit.  Promet-lui que nous l’affranchirons, s’il trouve un bloc de malachite en cent pouds. »
Toujours est-il que l’intendant ordonna d’ôter les fers à Stépan et donna l’ ordre : de faire cesser tous les travaux à la Montagne Rouge.
« À qui, parlait-il, on ne le sait pas ? Peut-être, ce sot, parlait sans raison alors ? De plus, le minerai qui va avec le cuivre là-bas, n’est que dû à la détérioration de la fonte. »
Le surveillant annonça à Stépan ce qu’ on lui demandait, et celui-ci répondit :
« Qui refuserait la liberté ? J’y travaillerai, mais je ne sais pas si j’en trouverai, autant que je suis homme chanceux ».
Peu après Stépan leur trouva un tel bloc. On le traîna en haut. Ils s’en faisaient gloire : voilà où nous sommes ! – mais Stépan ne fût pas affranchi. On écrivit de ce bloc à leur seigneur, il arriva, vois-tu, de Saint-Pétersbourg-même. Il s’informa comment tout s’était passé et il appelait Stépan à lui.
« Voilà, dit-il, je te donne ma parole de noble à toi que je t’affranchirai si tu me trouves des telles pierres de malachite qu’on puisse faire de ceux-ci des colonnes de long de pas moins de cinq sajènes. »
Stépan répondit :
« Une fois, on m’ai déjà trahie. Maintenant, j’ai crû en sagesse. Primez, écrit-moi la manumission, aprés j’y travaillerai, et nous verrons quel sera le résultat. »
Bien sûr, le seigneur se mit à crier et taper du pied, mais Stépan tenit bon :
« J’allais oublier, écrit-la aussi à ma fiancée, sinon qu’est-ce que c’est que ce régime – moi, je serai un franc-paysan, mais ma femme sera une serve. »
Le seigneur voyait que le gars était dur. Il lui écrivit ces acts.
« Prend-les, disait-il, mais travaille, garde à toi ! »
Stépan de nouveau :
« Comme j’aurai de la chance. »
Bien sûr, Stépan trouva tout. Est-ce que c’était difficile pour lui, s’il avait vu tout l’intérieur de la montagne et si Dame-même lui aidait. On tailla les colonnes de cette masse en malachite qu’elle on voulait, on les traîna de la montagne en haut, et le seigneur les envoya comme un don au cathédrale principal de Saint-Pétersbourg. Quant à ce bloc-là que Stépan trouva en primier, il se trouve toujours dans notre ville. On le garde comme une rareté.
Dès lors, Stépan devient franc-homme, mais aprés cela aux Goumeuchkies toute la richesse disparut. Beaucoup d’azurite tombait, mais plus de blende. On n’entendait plus dire des cristaux du cuivre et du cuivre natif, et la malachite disparut, l’eau mit à éroder. Ainsi donc, dès lors, les Goumeuchkies commençaient à descendre, et puis on les noya tout à fait. On parlait que c’était la Dame qui mit en colère à cause de cettes colonnes-là, vois-tu, puisque on les avait installées à l’église, mais il ne le lui fallait point.
Stépan non plus, il n’avait pas de bonheur dans sa vie. Il se maria, fit sa famille,  bâtit sa maison, tout était comme il faut. Il semblait qu’il pouvait vivre et être heureux, mais il devint triste et sa santé faiblit. Il s’en allait comme une chandelle.
Maladif, il décida de se procurer un fusil à pompe et mit à aller à la chasse. Et toujours, vois-tu, il allait à la mine de La Montagne Rouge et il n’apportait pas les trophées à la maison. En automne, il alla ainsi et disparut. Il ne revenait pas et ne revenait pas... Où disparaissait-il ? On rassemblait le monde, bien sûr, on commençait à le rechercher. Mais lui mort, vois-tu, il était couché à la mine près d’une pierre haute et comme s’il souriait, et son fusil était resté là, à côté, personne ne tirait pas. Les gens qui vinrent les premiers parlaient que près du défunt ils avaient vu un lézard si grand lesquel n’était point dans nos pays. Comme s’il était assis sur le decidé, lava sa tête et les larmes coulaient sans cesse. Quand les gens se furent approchés, il se glissa sur la pierre et sa queue s’évapora. On emporta le défunt à la maison. Lors on l’eut mit à laver, on voyait qu’une de ses mains était serrée et là, des grains verts ne se virent guère. La poignée pleine.  À point, un homme expert vint, il regarda latéralemant ces grains et dit :
« Mais c’est l’émeraudine donc ! La pierre unique, très coûteuse. Toute une richesse t’est tombée, Nastassia. Où a-t-il pris cettes pierres ? »
Nastassia, la femme de Stépan, expliquait que le défunt n’a jamais parlé de cettes pierres. Lors il était son fiancé, il lui a donné un baguier. Le grand baguier en malachite. Là, il y a beuacoup du bien, mais il n’y a pas de telles pierres. Elle ne voyait pas.
On commença à tirer cettes pierres de la main morte de Stépan, mais elles tombèrent en poussière d’un coup. Alors, personne ne sut, où Stépan les avait prises. Après, on fouillait à la Montagne Rouge. Eh bien, le minerai ordinaire tombait, brun, avec la couleur de cuivre. Ensuite, quelqu’un sut que c’étaient les larmes de Dame de la Montagne en Cuivre que Stépan avait. Il ne les vendit à personne, vois-tu, les gardait en secret des siens, mourut avec elles. Hein ?
Voila, quelle est La Dame de la Montagne en Cuivre donc ! Pour le mauvais homme la rencontrer c’est une misère, mais pour bon homme aussi, il aura un peu de joie.

Dernière modification par Nanten (02-03-2018 20:45:59)


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