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Bientôt, ils n'en purent plus et se mirent à psalmodier des vers étranges pour masquer la cacophonie dans laquelle ils baignaient.
Jusqu'au moment ou IL arriva.
IL était un Esprit Lent, un EL venue de la petite galaxie spiralée Agrr-Brôg, dans laquelle les étoiles étaient reliées par voie ferrée et les planètes, transparentes, étaient vides.
IL, L'EL, demanda en deux mots prononcés lentement, que cette cacophonie cesse:
— Vos gueules!
Et ils se turent.
Alors IL s'en alla, nageant dans les airs tel un ver ailé, silencieusement, en réfléchissant la lumière de l'Etoile Creuse pour être vu et ne point se faire heurter par le Corail 1212 de 12H12 qui assurait la liaison entre le Trou Noir Kiaduku et le Trou Blanc Kinanapa.
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Et ils se turent.
Alors IL s'en alla, nageant dans les airs tel un ver ailé, silencieusement, en réfléchissant la lumière de l'Étoile Creuse pour être vu et ne point se faire heurter par le Corail 1212 de 12H12 qui assurait la liaison entre le Trou Noir Kiaduku et le Trou Blanc Kinanapa.
Je m'éveillais en nage. Il était 3H23.
Des flammes léchaient les bords de mon lit de fer aux draps ignifugés. Je n'avais qu'à attendre sous la couette, je ne risquais rien de plus que bouillir. Je ne brûlerais pas en enfer! Je cramerais dans ma maison avant!
De toutes manières je n'ai jamais souhaité mettre un jour les pieds devant au paradis. L'aspect guimauve sans doute, me rebute quelque peu. Je préfère la souffrance et les coups de fourches.
Non pas que je sois maso mais je sais pertinemment que je me ferais copieusement chier avec les anges, à disserter des conneries dans les prés verts et ensoleillés d'un printemps qui n'en finit pas.
Rien que d'y penser, j'ai la nausée.
Bon, que faire contre ces flammes en attendant les pompiers?
Ont-ils seulement été alertés?
Et si j'urinais?
Dernière modification par Pôôôcheu (02-10-2009 11:32:41)
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Bon, que faire contre ces flammes en attendant les pompiers?
Ont-ils seulement été alertés?
Et si j'urinais?
Et si je me barrais ?
Oui, qu'ils se démerdent entre eux, non mais !
Je monte dans ma Porshe Carrera et fonce vers l'horizon... le soleil déclinant enrobe mon bolide d'un manteau de feu. J'attrape mon portable et passe un coup de fil à Deirdre.
- Allô ! dis-je.
- Allô ! dit-elle.
- C'est qui ?
- C'est Deirdre !
- Deirdre qui ?
- Deirdre Malone ! Et vous ?
Là je me sens un peu con, vu que je ne connais pas le nom de famille de Deirdre. Elle aurait pu me dire "Tartanpion", "Sarkozy" ou "Nadine Morano" que je n'aurais pas été plus avancé. D'un mouvement vif du poignet, j'évite un crétin de lapin, je laisse du coup une belle trace de gomme sur le bitume, mais poursuit ma route vers la nuit qui étend son manteau d'étoiles et de ténèbres. Bon, dans le doute je fais comme si cette Deirdre Malone était bien ma Deirdre Dontjeneconnaispaslenom.
- C'est moi, Deirdre chérie ! Tu me reconnais pas ?
- Euh... oui... euh !
- Jack ! Jack O Macocorbicus, ton lover !
- Jack, mon amour ! mais oui, je t'avais reconnu ! t'es où là ? je t'attends depuis une heure !
- J'arrive bébé, j'arrive... Euh, tu me rappelles ton adresse, là je suis sur la route 66.
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- J'arrive bébé, j'arrive... Euh, tu me rappelles ton adresse, là je suis sur la route 66.
- Je suis SAF.
Deirdre n'était pas très saine d'esprit depuis qu'elle dormait sous les ponts.
"Je suis saine et SAF!!!" disait-elle souvent pour faire marrer les ivrognes du quartier haut de cette cité.
C'est dire s'il en fallait peu pour dérider ces puants qui, pour s'amuser, lui glissaient des braises dans les cheveux, le soir, à la veillée.
- Qu'entends-tu par SAF, demanda Jack.
- T'es qu'un gros con d'homme routard, lui répondit Deirdre agacée. T'as jamais conduit de boîtes aux lettres toi! Ça se voit!
- Conduit une boîte aux lettres? C'est quoi tes conneries là? Deirdre? Tu...
Deirdre raccrocha et, sans crier gare, avala un chaton.
Quel idiot ce Jack! Même pas foutu de lui dire les choses clairement... La route 66... N'importe quoi!
Et une réponse à ce fil plus de deux ans et demi plus tard!
Croyez pas avoir mieux à faire non?
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Et bien non... N'avais rien d'autre à faire d'intéressant que de déterrer de vieilles choses comme on enterre les vers.
Pourtant, j'ava bien vu que les écritures décrépies n’intéressaient que très modérément les chalands qui, préférant ouvertement aller danser au métropolis cul nu, s'oubliaient négligemment hors des toilettes puisque parce que.
J'ava aussi particulièrement remarquoi les allées et venues d'invasions microscopiques sur ma peau couverte de cloques ainsi que la grosse plaie abdominale que j'ava pris un temps pour une farce.
J'ava pris mes parties pour une vessie et, comme une pov' lanterne norte, j'ai dansé la java pour oublier.
Quelques journées se pressèrent, comme une coulure d'eau sucrée arôme teisseire et goût grenadine sans que j'y pense vraiment.
Tout ce que je peux dire aujourd'hui, c'est qu'il valait mieux en rire.
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Tout ce que je peux dire aujourd'hui, c'est qu'il valait mieux en rire.
Mais je n'avais pas envie de rire, pour dire le vrai, je l'avais carrément mauvaise !
Je le regardais faire, ce mariole ! Il avait beau jeu lui ! Ah, le fumier ! Tout en m'ignorant, il s’alluma une cigarette et posa son verre de whisky, un peu soûl, décidé à prendre la petite entre quatre yeux. Mais le Comte la lui subtilisa. Il désirait montrer sa collection de tableaux à la jeune collégienne. Beh, tiens ! Comme si les jeunes s'intéressaient à la culture, aux beaux-arts ! Sorti de secret story et des sms qu'ils écrivaient en langage débile, y'avait rien qui les intéressaient ! Non, je n'avais pas envie de rire !
Du coup, j'ai quitté cette party en quatrième vitesse, enfourné ma monture et me suis barré vers la mer. J'étais amer, après tout !
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Du coup, j'ai quitté cette party en quatrième vitesse, enfourné ma monture et me suis barré vers la mer. J'étais amer, après tout !
Et l'amertume, je ne m'y accoutume pas.
Peut-être à cause du costume de poisson-enclume que je suis contraint de porter à longueur de journée ou bien du fait des smartie's tube salés qui fondent dans ma bouche mais jamais dans ma main.
Bref, face à la mer, sur la jetée, je me suis lancé dans l'eau avec un boulet au pied, balayant de mon esprit les balises de détresse qui jusque là m'avaient fait tenir.
Quelques pieds sous l'eau et quelques secondes ont suffi pour me rendre compte que je venais de faire une grosse connerie: je ne voulais pas me suicider, juste essayer pour voir.
Mais il était trop tard. Je me suis évanoui puis je suis mort.
Deirdre a essayé de me joindre directement dans ma tête car elle avait la faculté de communiquer étrangement mais comme à l'habitude je n'ai rien capté de ce qu'elle désirait me dire. Sans doute voulait-elle une fois encore que je passe à la boucherie chercher les enfants ou rapporter des carottes pour les lapines...
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Après tout, quel rapport y avait-il entre les tableaux du Comté fruité et cet imbécile d'encoprétique merdeux au vieux nom de bouseux?
Comment s'appelait-il déjà? Pôôôcheu?
N'était-ce pas un nom d'avatar plutôt bâtard? Pôôôcheu!
Mon Dieubousin quel affreuse appellation!
...//...
Revenons plutôt aux fondamentaux, à l'origine de tout cela, à la naissance absolument incongrue de ce fil.
Pourquoi ce fil?
- Oui tiens! interrompit Pirontin, et dis, donne-nous un peu de ton fromage! Tout le monde l'aime tant, Belle des Champs!
- Pardon Pirontin? Je ne suis pas celle que tu crois! s'agaça Soraya qui plutôt laide se sentit soudain insultée.
- Je t'ai pris pour la fille de la réclame d'il y a trente ans au moins. Tu te souviens?
Soraya laissa choir le mouton qu'elle tondait et, par inadvertance, se mit à vrombir, phénomène qu'elle n'analysait pas. Était-ce dû au petit avion qu'elle avait dans ses poumons ou au vrombimasseur qu'elle avait consulté la veille et dont elle s'était si éprise qu'elle l'avait absorbé.
Mais Peut-être l'avait-il tout simplement pénétrée et elle ne s'en était pas rendue compte.
Têtre un peu ou têtre pas... Qui sait cela? Qui le sait?
Et qui est le vrombimasseur?
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Le vrombimasseur, et c'est une chose que j'ignorais, était un cousin de ma belle-fille, celle-là même qui œuvrait dans les laboratoires Boiron avant de se faire virer pour une sombre histoire de demi-fesse.
Il faut dire que ma belle fille était très portée sur tout ce qui touche à ce que l'on cache. D'ailleurs, n'aimait-elle pas jouer à l'homme invisible lorsqu'elle était enfant avec son cousin? Vous en souvenez-vous seulement?
C'était en 1972.
Il faisait peur cette année là. Une peur atroce qui colle aux girondins comme la boue colle aux basques. Une de ces trouilles qui avait gagné la France simplement parce que Marie-Bernadette, ma tante qui votait à droite s'était mise à zipper ses fichiers.
Une avant-gardiste cette femme (pour le zip) !
Et très expérimentée scientifiquement parlant qui plus est!
Le rapport avec le vrombimasseur et ma belle-fille? Aucun!
Si ce n'est que cette tante était la mère du vrombimasseur et accessoirement sa sœur ce qui peut au premier abord ne pas se concevoir sauf à considérer qu'une fratrie puisse se retrouver par le plus grand des hasards, séparée par le temps, puis retrouver un parent dans le passé, l'aimer et enfin enfanter son frère (ou sa sœur).
Mais c'est elle, ma tante qui avait inventé les suppositoires effervescents à la menthe glaciale dont les effets avaient été jugés indécents par la communauté supposée supérieure...
Pourtant, c'était si bon de péter comme on mâche du chewing-gum.
Je puis vous l'assurer pour les avoir testés: ces suppos, c'était de la bombe.
Je tenais à vous le dire.
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